Pourquoi est-il si difficile de maintenir son poids après une perte de poids ?

Sep 2, 2026 | Poids & comportement alimentaire

Perdre du poids est une chose. Le maintenir dans le temps en est une autre. Mais pourquoi la reprise de poids est-elle si fréquente ?

Quand on parle de perte de poids, on évoque souvent les calories, le régime, l’activité physique ou la motivation.

Mais une question est moins souvent posée :

Que se passe-t-il une fois le poids perdu ?

Car atteindre son objectif ne signifie pas nécessairement que le nouvel équilibre est définitivement installé.

Perdre du poids et maintenir sa perte sont deux objectifs différents

Les interventions alimentaires et comportementales permettent de perdre du poids.

Mais le maintien constitue un véritable enjeu à part entière.

Les recherches montrent que certaines interventions associant alimentation et activité physique permettent de limiter la reprise de poids après une perte initiale.

Cela signifie qu’atteindre son objectif ne veut pas forcément dire abandonner toutes les stratégies qui ont permis d’y arriver.

Le maintien bénéficie souvent de la poursuite de certaines habitudes, mais celles-ci doivent pouvoir s’intégrer durablement dans la vie quotidienne.

Pourquoi le poids peut-il remonter ?

La reprise de poids ne peut pas être réduite à un manque de volonté.

Après une perte de poids, plusieurs éléments peuvent intervenir :

  • les anciennes habitudes peuvent réapparaître ;
  • l’environnement alimentaire reste le même ;
  • les contraintes professionnelles, familiales ou sociales persistent ;
  • la faim et la satiété peuvent évoluer ;
  • l’activité physique peut diminuer ;
  • les efforts nécessaires pour maintenir les nouvelles habitudes peuvent devenir difficiles à poursuivre.

Le maintien est donc le résultat d’une interaction entre biologie, comportements et environnement.

Ce que les recherches de Maaike Kruseman nous apprennent

Les travaux de Maaike Kruseman, avec Noémi Schmutz et Isabelle Carrard, apportent un éclairage particulièrement intéressant.

Les chercheurs ont étudié 32 personnes, dont certaines avaient perdu au moins 10 % de leur poids et maintenu cette perte pendant au moins un an. Elles ont été comparées à des personnes ayant toujours eu un poids stable.

Consulter l’étude sur PubMed

Les deux groupes avaient des apports énergétiques et une composition alimentaire globalement similaires.

Mais les personnes ayant maintenu leur perte rapportaient davantage d’activité physique et surtout davantage d’efforts conscients pour contrôler leur alimentation et leur poids.

Les chercheurs ont identifié quatre grands thèmes : les choix alimentaires, les quantités et portions, l’activité physique et surtout la charge ressentie par rapport au maintien du poids.

Cette étude nous rappelle quelque chose d’important :

Maintenir une perte de poids peut demander un effort conscient et représenter une charge supplémentaire.

La reprise de poids ne devrait donc pas être automatiquement interprétée comme un manque de volonté.

La pesée peut-elle aider ?

Maaike Kruseman et Isabelle Carrard ont également étudié le rôle de l’auto-pesée chez des personnes ayant réussi à maintenir une perte de poids.

La plupart des participants concernés expliquaient utiliser régulièrement la balance pour rester conscients de leur évolution.

Le poids pouvait ainsi servir de signal d’alerte et permettre d’agir lorsqu’une reprise apparaissait. Mais l’étude montre également que la pesée pouvait provoquer chez certaines personnes de l’anxiété ou entraîner des réactions correctives parfois importantes.

Consulter l’étude sur PubMed

La conclusion n’est donc pas :

« Il faut se peser tous les jours. »

Mais plutôt :

L’auto-surveillance peut être un outil utile pour certaines personnes, à condition qu’elle reste adaptée et ne devienne pas une source de contrôle excessif.

Et l’activité physique ?

L’activité physique apparaît régulièrement dans les stratégies associées au maintien.

Mais elle ne devrait pas être considérée uniquement comme un moyen de « brûler des calories ».

Elle contribue également à la condition physique, à la masse musculaire, aux capacités fonctionnelles et à la santé globale.

Surtout, elle a davantage de chances d’être utile lorsqu’elle devient une habitude durable, plutôt qu’une activité imposée uniquement pendant une période de régime.

Faut-il continuer à faire régime ?

Pas nécessairement.

Maintenir son poids ne signifie pas vivre indéfiniment dans la restriction.

L’objectif peut plutôt être de conserver des habitudes compatibles avec le nouveau poids, tout en gardant suffisamment de flexibilité pour que cette manière de manger reste compatible avec la vie réelle.

Repas au restaurant, vacances, invitations, périodes chargées : une stratégie durable doit pouvoir intégrer ces situations.

Alors, comment penser la perte de poids autrement ?

Peut-être faut-il changer légèrement la question.

Au lieu de demander :

« Comment perdre 10 kilos ? »

On pourrait demander :

« Comment construire une façon de manger et de vivre que je pourrai encore appliquer dans deux, cinq ou dix ans ? »

Cette deuxième question est moins spectaculaire.

Mais elle est probablement beaucoup plus importante lorsqu’on parle de maintien.

Ce que je retiens

Perdre du poids et maintenir une perte de poids sont deux objectifs différents.

Le maintien peut nécessiter une attention particulière portée à l’alimentation, aux portions, à l’activité physique et parfois au suivi du poids.

Mais cette vigilance ne devrait pas nécessairement devenir une contrainte permanente.

Les travaux de Maaike Kruseman montrent notamment que les personnes ayant réussi à maintenir une perte importante peuvent ressentir une charge supplémentaire liée aux efforts nécessaires pour maintenir leur poids.

La véritable question n’est donc peut-être pas seulement :

« Comment perdre du poids ? »

Mais :

« Comment construire une manière de manger et de vivre que je pourrai réellement maintenir dans le temps ? »

C’est probablement là que commence une approche plus durable de la gestion du poids.

Références principales

Kruseman M, Schmutz N, Carrard I.
Long-Term Weight Maintenance Strategies Are Experienced as a Burden by Persons Who Have Lost Weight Compared to Persons with a Lifetime Normal, Stable Weight.
Obesity Facts. 2017.

Voir la publication sur PubMed

Carrard I, Kruseman M.
Qualitative analysis of the role of self-weighing as a strategy of weight control for weight-loss maintainers in comparison with a normal, stable weight group.
Appetite. 2016.

Voir la publication sur PubMed

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Perdre du poids est une chose. Le maintenir dans le temps en est une autre. Mais pourquoi la reprise de poids est-elle si fréquente ?

Quand on parle de perte de poids, on évoque souvent les calories, le régime, l’activité physique ou la motivation.

Mais une question est moins souvent posée :

Que se passe-t-il une fois le poids perdu ?

Car atteindre son objectif ne signifie pas nécessairement que le nouvel équilibre est définitivement installé.

Perdre du poids et maintenir sa perte sont deux objectifs différents

Les interventions alimentaires et comportementales permettent de perdre du poids.

Mais le maintien constitue un véritable enjeu à part entière.

Les recherches montrent que certaines interventions associant alimentation et activité physique permettent de limiter la reprise de poids après une perte initiale.

Cela signifie qu’atteindre son objectif ne veut pas forcément dire abandonner toutes les stratégies qui ont permis d’y arriver.

Le maintien bénéficie souvent de la poursuite de certaines habitudes, mais celles-ci doivent pouvoir s’intégrer durablement dans la vie quotidienne.

Pourquoi le poids peut-il remonter ?

La reprise de poids ne peut pas être réduite à un manque de volonté.

Après une perte de poids, plusieurs éléments peuvent intervenir :

  • les anciennes habitudes peuvent réapparaître ;
  • l’environnement alimentaire reste le même ;
  • les contraintes professionnelles, familiales ou sociales persistent ;
  • la faim et la satiété peuvent évoluer ;
  • l’activité physique peut diminuer ;
  • les efforts nécessaires pour maintenir les nouvelles habitudes peuvent devenir difficiles à poursuivre.

Le maintien est donc le résultat d’une interaction entre biologie, comportements et environnement.

Ce que les recherches de Maaike Kruseman nous apprennent

Les travaux de Maaike Kruseman, avec Noémi Schmutz et Isabelle Carrard, apportent un éclairage particulièrement intéressant.

Les chercheurs ont étudié 32 personnes, dont certaines avaient perdu au moins 10 % de leur poids et maintenu cette perte pendant au moins un an. Elles ont été comparées à des personnes ayant toujours eu un poids stable.

Consulter l’étude sur PubMed

Les deux groupes avaient des apports énergétiques et une composition alimentaire globalement similaires.

Mais les personnes ayant maintenu leur perte rapportaient davantage d’activité physique et surtout davantage d’efforts conscients pour contrôler leur alimentation et leur poids.

Les chercheurs ont identifié quatre grands thèmes : les choix alimentaires, les quantités et portions, l’activité physique et surtout la charge ressentie par rapport au maintien du poids.

Cette étude nous rappelle quelque chose d’important :

Maintenir une perte de poids peut demander un effort conscient et représenter une charge supplémentaire.

La reprise de poids ne devrait donc pas être automatiquement interprétée comme un manque de volonté.

La pesée peut-elle aider ?

Maaike Kruseman et Isabelle Carrard ont également étudié le rôle de l’auto-pesée chez des personnes ayant réussi à maintenir une perte de poids.

La plupart des participants concernés expliquaient utiliser régulièrement la balance pour rester conscients de leur évolution.

Le poids pouvait ainsi servir de signal d’alerte et permettre d’agir lorsqu’une reprise apparaissait. Mais l’étude montre également que la pesée pouvait provoquer chez certaines personnes de l’anxiété ou entraîner des réactions correctives parfois importantes.

Consulter l’étude sur PubMed

La conclusion n’est donc pas :

« Il faut se peser tous les jours. »

Mais plutôt :

L’auto-surveillance peut être un outil utile pour certaines personnes, à condition qu’elle reste adaptée et ne devienne pas une source de contrôle excessif.

Et l’activité physique ?

L’activité physique apparaît régulièrement dans les stratégies associées au maintien.

Mais elle ne devrait pas être considérée uniquement comme un moyen de « brûler des calories ».

Elle contribue également à la condition physique, à la masse musculaire, aux capacités fonctionnelles et à la santé globale.

Surtout, elle a davantage de chances d’être utile lorsqu’elle devient une habitude durable, plutôt qu’une activité imposée uniquement pendant une période de régime.

Faut-il continuer à faire régime ?

Pas nécessairement.

Maintenir son poids ne signifie pas vivre indéfiniment dans la restriction.

L’objectif peut plutôt être de conserver des habitudes compatibles avec le nouveau poids, tout en gardant suffisamment de flexibilité pour que cette manière de manger reste compatible avec la vie réelle.

Repas au restaurant, vacances, invitations, périodes chargées : une stratégie durable doit pouvoir intégrer ces situations.

Alors, comment penser la perte de poids autrement ?

Peut-être faut-il changer légèrement la question.

Au lieu de demander :

« Comment perdre 10 kilos ? »

On pourrait demander :

« Comment construire une façon de manger et de vivre que je pourrai encore appliquer dans deux, cinq ou dix ans ? »

Cette deuxième question est moins spectaculaire.

Mais elle est probablement beaucoup plus importante lorsqu’on parle de maintien.

Ce que je retiens

Perdre du poids et maintenir une perte de poids sont deux objectifs différents.

Le maintien peut nécessiter une attention particulière portée à l’alimentation, aux portions, à l’activité physique et parfois au suivi du poids.

Mais cette vigilance ne devrait pas nécessairement devenir une contrainte permanente.

Les travaux de Maaike Kruseman montrent notamment que les personnes ayant réussi à maintenir une perte importante peuvent ressentir une charge supplémentaire liée aux efforts nécessaires pour maintenir leur poids.

La véritable question n’est donc peut-être pas seulement :

« Comment perdre du poids ? »

Mais :

« Comment construire une manière de manger et de vivre que je pourrai réellement maintenir dans le temps ? »

C’est probablement là que commence une approche plus durable de la gestion du poids.

Références principales

Kruseman M, Schmutz N, Carrard I.
Long-Term Weight Maintenance Strategies Are Experienced as a Burden by Persons Who Have Lost Weight Compared to Persons with a Lifetime Normal, Stable Weight.
Obesity Facts. 2017.

Voir la publication sur PubMed

Carrard I, Kruseman M.
Qualitative analysis of the role of self-weighing as a strategy of weight control for weight-loss maintainers in comparison with a normal, stable weight group.
Appetite. 2016.

Voir la publication sur PubMed

Je suis Nadia, Nutritionniste & Micronutritionniste

J’accompagne les femmes à chaque étape de leur vie avec une approche personnalisée en nutrition et micronutrition. Mon objectif : vous aider à mieux comprendre votre corps, vos besoins et votre fonctionnement afin de construire un équilibre durable, avec écoute, bienveillance et rigueur scientifique.

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